J'ai décidé de faire une très longue entrée sur les films de lesbienne. Je cherche souvent des trucs à ce sujet sur le net et je trouve que des listes de film décevantes. On parle souvent des mêmes films et on mentionne souvent des trucs mauvais. J'ai essayé d'inclure dans la liste des films dont on ne parle pas assez dans ce genre d'exercice. J'y suis plus ou moins arrivée. Ma liste manque beaucoup de films moins récents. Je vous explique la légende : ++ = mes préférés, + = les bons, o = mes plaisirs coupables, - = les horreurs.
++ Les larmes amères de Petra Von Kant (Bitteren Tränen der Petra von Kant, Die), Fassbinder, Allemagne, 1972
C'est le chef d'oeuvre de la liste! Le film de Fassbinder est un huis clos dans la chambre de Petra von Kant, une designer de mode, où elle reçoit une jeune mannequin pour qui elle s'enflamme. Les relations entre toutes les femmes sont cruelles. Petra von Kant, très méchante envers sa servante, devient l'objet de la cruauté de la mannequin qui utilise l'amour de von Kant pour mousser sa carrière. Un tel résumé ne rend évidemment pas justice à un film riche et complexe comme celui-ci. Les dialogues sont d'une précision d'écriture impressionnante et la caméra est d'une perfection sans nom. ++ Heavenly Creatures, Jackson, Nouvelle-Zélande, UK et Allemagne, 1994
Très certainement mon préféré de la liste! Le film est très étrange dans la filmographie pour le moins inégale de Peter Jackson. Avec une « cinématographie douteuse mais extrêmement réussie » à la Lynch, on sent dans ce film le réalisateur de Bad Taste et de Braindead. Les dialogues sont magnifiquement écrits et le scénario est d'une construction exemplaire. Ce film, sweet et tragique, raconte la relation d'amitié absolue, puis d'amour, entre deux jeunes femmes rêveuses et charmantes. Des scènes en stop-motion assez particulières se mêlent au récit. ++ Mulholland Dr., Lynch, États-Unis, 2001
Ce n'est pas le meilleur film de Lynch. Loin de là! Il mérite quand même de se retrouver en haut d'une telle liste. Un film moyen de Lynch, ça demeure un film exceptionnel. Il contient plusieurs moments très forts et les scènes de lesbiennes font partie de ceux-là. ++ Les Biches, Chabrol, France, 1968
Je ne suis jamais certaine d'aimer les films de Chabrol (sauf Betty et La cérémonie qui sont vraiment très bons). Les Biches pourrait se passer des scènes sans but avec les deux guignols. L'esthétique de la nouvelle vague française est mise à profit dans ce scénario qui porte sur un triangle amoureux entre un jeune architecte (Trintignant) et deux femmes bisexuelles (Audran et Sassard). ++ The Hunger, Scott, UK, 1983
Un film de vampires sensuels mettant en vedette David Bowie, ça se passe presque de présentation. La vampire bisexuelle, incarnée par une fort élégante Catherine Deneuve, décide de faire d'une scientifique son prochain grand amour. Comme tout film qui se respecte, ses désirs, après des scènes d'amour torrides et éminemment quétaines, tournent au tragique. ++ Bound, Wachowski Brother's, États-Unis, 1996
Très inspirée par Blue Velvet, une femme fatale et une butch décident de se lancer dans les plaisirs du crime pour obtenir un gros montant d'argent. Elles pourront ensuite tout quitter et vivre d'amour et d'eau fraîche. Les scènes de sexualité sont des pièces d'anthologie. J'ai lu qu'elles avaient été chorégraphiées par une éminente féministe, ce qui explique le réalisme, je suppose. + Swimming Pool, Ozon, France, 2003
Comme Mulholland Dr. pour Lynch, ce n'est pas le meilleur d'Ozon. Je voulais un film de URST (Unresolved Sexual Tension) et c'est lui! Il s'agit d'un Mort à Venise au féminin. Une écrivaine de roman policier (Rampling) se retire à la campagne pour écrire et devient obsédée par la fille de son éditeur (Sagnier). + 8 femmes, Ozon, France, 2002
C'est une sympathique comédie musicale avec une brochette d'actrices françaises connues. Elles forment presque une société secrète de lesbiennes, puisque peu à peu on découvre l'ensemble des relations entre elle. C'est un peu téléroman, mais c'est amusant. + High Art, Cholodenko, Canada et États-Unis, 1998
Après le début wannabe intello un peu pénible, le film se révèle détenir une certaine profondeur. La réalisation est assez maîtrisée, même si la force se situe surtout dans le scénario et dans le personnage de la photographe torturée. Déchirée entre une belle jeune femme ambitieuse qui l'admire et son amoureuse - une ancienne actrice tragique et intransigeante qui est de plus en plus affaiblie par la drogue -, la photographe recommence à frayer avec le milieu professionnel. Le film eût pu être beaucoup plus puissant. À mon avis, la caméra n'aurait jamais dû montrer aussi explicitement les photos du personnage principal.
+ Fucking Åmål, Moodysson, Suède et Danemark, 1998
Un film d'adolescentes plus fin qu'il n'en paraît au premier abord. La relation entre les deux jeunes filles débordent de clichés. Le film est néanmoins un portrait sensible d'une relation amoureuse qui commence avec quelques déchirements. + Boy's don't cry, Peirce, États-Unis, 1999
Un film culte avec lequel je suis plus ou moins à l'aise. Peu importe mes réserves, le film est d'une qualité certaine. Le relation amoureuse entre une jeune fille et une transgenre se déroule dans une petite ville du Nebraska peu ouverte aux amours hors-normes. + Picnic at Hanging Rock, Weir, Australie, 1975 Un autre URST! Je ne sais si le réalisateur voulait délibérément recréer une atmosphère proustienne. Il n'en demeure pas moins que c'est par Proust que je comprends ce film plutôt obscur. Le film est dans l'ensemble médiocre, mais il capte l'imaginaire par son suspense bien mené et sa fin ouverte. Une des jeunes filles d'un collège privé australien est comparée par sa professeure française à un personnage d'un tableau de Botticelli. Dans la Recherche, on se rappelle tous, bien sûr, que Swann ne cesse de répéter à quoi point Odette ressemble à une femme d'un tableau de Botticelli. Malgré quelques amours lesbiens exposés, la sexualité qu'on imagine entre trois jeunes filles et une professeure n'est jamais explicite. Comme le narrateur proustien qui soupçonne Mlle Vinteuil d'apprendre à Albertine et aux autres les amours saphiques, la belle jeune fille blonde, que tout le monde désire tant, semble conduire les autres femmes vers des plaisirs illicites.
o Naked Weapon (Chek law dak gung), Ching, Hong Kong, 2002
J'aime beaucoup ce film dont l'atmosphère ressemble à Battle Royale. Des fillettes sont kidnappées et amenées sur une île où elles s'entraînent pour devenir des ultra-tueuses. À la fin de l'entraînement, alors que les fillettes sont adultes, les dirigeants de l'île les obligent à se battre à mort pour découvrir l'ultime tueuse entre elles. Une histoire d'amour entre deux des tueuses rend les combats à mort encore plus tragiques. o D.E.B.S., Robinson, États-Unis, 2004
C'est vraiment un plaisir très coupable! Ah mais ce film est si amusant. Des espionnes en costumes d'écolière doivent suivre la trace d'une ultra-criminelle. La criminelle, Lucy Diamond, tombe amoureuse d'une des policières à ses trousses. Amy Bradshaw, la policière aux jambes infinies, parfaite et angélique est promue à un grand avenir. Elle se laisse néanmoins enlever par la vilaine Lucy pour vivre leur passion illicite et improbable. o Loving Anabelle, Brooks, États-Unis, 2006
Ce film, qui raconte l'histoire d'amour entre une professeure et sa jeune étudiante rebelle, est vraiment très mauvais. Le jeu de l'actrice qui incarne la professeure est quand même intéressant. La rebelle, par contre... c'est pathétique. o Imagine You and Me, Parker, UK, 2005
Ne le dites pas trop fort, mais j'aime un peu les comédies romantiques (enfin parfois en secret!). C'est le scénario de la comédie romantique typique dans lequel on a greffé une histoire de lesbiennes. Un personnage de fleuriste, c'est quétaine, mais tellement irrésistible. Il ne faut pas porter attention à l'"humour". o Lost and Delirious, Pool, Canada, 2001
Un simple attachement sentimental que j'expose! C'est très mauvais, surtout la scène ridicule de danse. - Better than Chocolate, Wheeler, Canada, 1999
Il y a une scène ridicule avec du body painting! Je n'ai pas besoin d'en dire plus. - Anne Trister, Pool, Canada, 1986
La transformation du studio de l'artiste pendant le film est vraiment fascinante, mais quel film horrible. - La Répétition, Corsini, France, 2001
Aaaaah! Ben il y a Pascale Bussières, c'est le seul élément intéressant. Emmanuelle Béart est cruelle, deuxième élément un peu intéressant. - When Night is Falling, Rozema, Canada, 1995
Aaaaah! Ben il y a Pascale Bussières, c'est le seul élément intéressant. D'un quétaine à se flinguer, ce n'est pas cute!
- Freeway 2: Confessions of a Trickbaby, Bright, États-Unis, 1999
Quel film dégoutant! C'est un b-movie dans la pure tradition du genre. Le thème principal est le vomi, ce qui m'empêche d'en apprécier l'aspect comique, que je ne trouvais d'ailleurs pas si drôle. Même le beau Vincent Gallo en travesti ne vient pas sauver le film, c'est dire! |